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Chez le professeur PAM

La 14.....

Ceux de la 14… …par le professeur PAM: du collège 'patacyclique des sciences Dardesques Lémanienne)« selon le génial Jean Yanne in Je suis un être exquis »

PAM:               Voyons voir…la 6ème division est sur la Marne …le 14 ème régiment d’infanterie est à Verdun…cote 315 si je fais pivoter le 12ème ligne…je les encercle… Pierrot…venez voir un peu.

PIERROT:        Oui mon général.

PAM:               Voyez…la 6ème division est sur la Marne, le 14ème est à Verdun. Si je fais pivoter le 12    ème…je les encercle.

PIERROT:        Non mon général, regardez…si le 12ème pivote…la 3ème division ennemie vous prend par la gauche…et descend vers Sedan. Vous êtes coincés.

PAM:              Ah…Voyons…pas du tout…la troisième division ennemie descend, c’est possible…mais si je déplace latéralement le 2ème hussard et mes trois brigades montées, je leur coupe la retraite. Ils continuent, je leur barre la route avec le 4ème cuirassier.

PIERROT:        Oui mon général, mais vous avez fait un trou à la cote 418. Votre 18ème ligne est seule, et l’ennemi possède ses deux divisions de blindés. S’il les transporte de là à là…vous ne pouvez pas empêcher l’écrasement.

PAM:               Mais je fais la jonction entre mon 5ème cuirassiers et ma 11ème légère. Je les prends à contre-pied. Il faut qu’ils reculent et je les ai à revers avec les batteries ouest. Mettez-vous à la place de l’ennemi.

PIERROT:        Je m’y mets mon général ! Mais si je suis l’ennemi, sauf le respect que je vous dois, je vous file une de ces piquettes.

PAM:               ça m’étonnerait général PIERROT !

PIERROT:        Regardez (il prend des pièces de monnaie) je suis l’ennemi. Par ici ma 3ème division, mes deux divisions blindées, mes groupes de hussards.

PAM:               D’accord. Voilà mon 14ème d’infanterie, mon 12 ème de ligne, le 11ème de hussards, les deux brigades montées, et mon 5ème cuirassier. Je vous suis déjà supérieur en nombre.

PIERROT:        Sûrement pas, mon général. Pouvez-vous me prêter quarante sous ?

PAM:               Oui.

PIERROT:        Merci. Voilà ma division d’artillerie, et maintenant je vous attends.

PAM:               Bien…voyons voir…je fais pivoter mon 12ème ligne.

PIERROT:        Bon…mes groupes de hussards…

PAM:               Je passe…je passe avec ma 11ème de hussards.

PIERROT:        Et ma division blindée…HEIN !...ma division blindée…regardez, top…top…et top là…Votre 11ème, votre 12ème et votre 5ème cuirassiers…

PAM:               Eh vous n’avez pas le droit ! Vous n’avez pas le droit de prendre en reculant…

PIERROT:        Mais pourquoi donc mon général ?

PAM:               Oui c’est vrai pourquoi ? Excusez-moi je croyais que je jouais avec ma fille, j’ai confondu…Rendez-moi mes pièces.

PIERROT:        Logiquement ce qui est joué est joué mon général. Vous avez perdu vos trois groupes   d’armées.

PAM:                Mais ça fait 35'000 hommes, PIERROT…on peut pas perdre 35'000 hommes pour une   erreur aussi bête…

PIERROT:        Bon je vous les rends…

PAM:               Merci.

PIERROT:        N’empêche que si les ordres étaient partis…

PAM:               Mais c’est pour rire…Bon je remets mon 11ème, mon 12ème et mon 5ème cuirassiers. Alors là pas de bêtises. Je ne peux pas les faire pivoter. Ah…je fais descendre la 5ème division…qu’est-ce que vous en dites ?

PIERROT:        J’envoie ma 3ème division lourde.

PAM :              Je vous bloque avec mon 6ème de ligne.

PIERROT:        Je contourne avec mon infanterie.

PAM :              Je vous bloque avec mes hussards.

PIERROT:        Je lâche mes blindés…top et top.

 PAM :             Ah….ah…je ne les avais pas vu ceux là…On ne se méfie jamais assez des blindés…

PIERROT:        Eh non…on ne se méfie pas mais…

PAM :              Ah oui, oui, oui…Mais voyez donc…Cette division-là…et ce corps d’armée…Top et top…

PIERROT:        Non c’est le contraire.

PAM :              Comment ça !

PIERROT:        C’est à moi ça. Cette division-là c’est la mienne. C’est les quarante sous que vous m’avez prêtés tout à l’heure. Vous vous êtes pris un régiment à vous avec une division ennemie.

PAM :              Ah oui c’est vrai. On confond facilement hein ? Y’a tellement de régiments dans ce secteur, on ne sait plus lesquels sont les siens…Pierrot, rendez-moi ma pièce.

PIERROT:        Ah non mon général, pas deux fois de suite ! Si c’était pour de bon.

PAM :              Bon d’accord ! Le jeu c’est le jeu. Alors voyons ce que vous allez faire ce coup là…Je vous lance mon 18ème d’infanterie…Qu’est-ce que vous faites ?

PIERROT:        Je renforce ma 3ème division.

PAM :              Mais non ! Vous poussez vos blindés en avant.

PIERROT:        Tiens ! Pour que vous me les preniez avec vos cuirassiers..

PAM :              Mais c’est que je compte là-dessus ! Logiquement vous devez avancer vos hussards !

PIERROT:        Y’a pas de raison mon général. Moi je ne bouge pas.

PAM :              Mais Pierrot vous ne pouvez pas faire une chose pareille.

PIERROT:        Tiens ! Je vais me gratouiller !

PAM :              Ils sont 12'000.

PIERROT:        Écoutez je ne devrais pas vous le dire, mais vous pouvez les sauver.

PAM :              Comment ?

PIERROT:        Déplacez vos batteries de 75.

PAM :              Mais c’est vrai suis-je bête. Voilà..

PIERROT:        Et avec mes deux divisions lourdes, top, top top et top.

PAM :              Vous avez triché.

PIERROT:        Pas du tout.

PAM :              C’est vous qui m’avez dit d’avancer mes batteries de 75.

PIERROT:        Mais je suis l’ennemi…

PAM :              Alors on ne peut plus se fier à l’ennemi..

PIERROT:        La preuve. Encore une petite partie ?

PAM :              Volontiers…quelle heure est-il ?

PIERROT:        14h20…

PAM :              Nom de Dieu. J’ai donné l’ordre d’attaquer à 14 heures. Ce doit être commencé.

PIERROT:        Oui…

PAM :              Pierrot…Mon vieux…c’est affreux ! C’est …épouvantaffreux….. !          

PIERROT:        Mais qu’avez-vous mon général ?

PAM :              J’ai donné l’ordre d’attaquer…en faisant pivoter le 12ème de ligne.

PIERROT:        Et alors ?

PAM :              Alors vous m’avez prouvé tout à l’heure que si le 12ème de ligne pivotait, avec sa division blindée, l’ennemi me prenait mon 11ème, mon 12ème et mon 5ème cuirassiers. Top top et top.

PIERROT:        Écoutez mon général…vous êtes dans un tel état..je vais vous dire…je vous ai possédé..

PAM :              Comment ça ?

PIERROT:        Mais oui. Je pouvais pas avancer ma division blindée…Regardez…Y’a votre 8ème de cavalerie…entre les deux.

PAM :              Ah… je respire…Mais alors, mon 12ème de ligne ?

PIERROT:        Vous avez bien fait de le faire pivoter.

PAM :              Eh ben on a eu chaud. Hein Pierrot…Mais si je comprends bien on va gagner…

PIERROT:        Certainement mon général.

PAM :              On va aller voir ça de près, sur le terrain dans la Marne. C’est un grand jour Pierrot. Appelez-nous un taxi….